Vous mettez vos photographies en ligne pour le plaisir des yeux, et pour vous faire connaître. Il y a des lois réprimant le vol de photo, mais elles ne dissuadent pas les pilleurs. Il est heureusement possible de limiter la casse. Nous allons voir comment.
Cet article a été mis à jour le 7 août 2022 ; il prend 6 minutes à lire et comporte 1346 mots.
Si vous mettez en ligne vos plus belles photos, c’est pour vous faire connaître, et pour partager. Amateur ou professionnel de l’image, vous appréciez de montrer vos réalisations, vous n’appréciez pas autant qu’on vous pille sauvagement, ou que l’on se serve de vos créations sur des sites illicites.
Alors disons le immédiatement : la protection parfaite n’existe pas. En publiant vos photographies, vous savez que vous vous exposez au vol d’image, inéluctablement.
Mais ce n’est pas parce que la protection parfaite n’existe pas qu’il ne faut rien faire, loin de là. La suite de cet article va aborder différentes solutions, dont certaines peuvent être combinées, pour éviter de retrouver vos photographies publiées sans autorisation aux quatre coins du monde.
Première parade…
Indiquer le copyright dans les conditions générales
Et menacez les contrefacteurs… indiquez que vous poursuivrez les pilleurs pour toute photo publiée sans votre autorisation.
Ce n’est pas très efficace, le pilleur se croit toujours plus malin, mais au moins, il ne peut pas dire qu’il ne savait pas en cas de poursuites.
Plus efficace…
Réduire la taille de vos photographies
Même avec un smartphone, la taille des photos que vous prenez est largement supérieure aux besoins de votre site web ; mes photos sont en 2592 x 1456 px, par exemple. Très bien pour imprimer, pour afficher sur grand écran, pour voir les moindres détails.
Mais pour afficher sur internet, une résolution full HD (1920 x 1080px) suffit amplement. Voire moins, à vous d’adapter en fonction du thème WordPress que vous avez choisi, ou comment qu’il en soit de la résolution du plus grand format utilisé sur votre site. Si vos photographies s’affichent en 1280 x 720px, limitez la taille à cette définition.
Et une fois que vous avez réduit la taille, réduisez également le poids en passant par un service en ligne tel que tinyPNG. Je vous renvoie pour les détails à l’article Optimisez vos photographies pour un affichage rapide.
Vous aurez déjà limité l’intérêt du vol pour une utilisation purement commerciale, mais vos images seront toujours exploitables en ligne. Nous allons donc appliquer d’autres solutions en complément.
Autre parade simple à mettre en œuvre…
Compliquer la tâche du pilleur
Le pilleur n’aime pas se compliquer la vie. Désactivez le clic droit les images. Ne pas pouvoir activer le clic droit, pour ouvrir un lien dans une autre page par exemple est contre-productif, limitez cette technique aux éléments sensibles de votre site. Et bloquez le « drag and drop » sous Firefox, qui lui permettrait d’afficher la photographie directement dans le navigateur.
Vous avez déjà de quoi décourager certains pilleurs, mais il y a toujours moyen de contourner les limitations mises en place, ne serait-ce que par copie d’écran. Et avec un bon logiciel tel que Photoshop, il est possible de retailler l’image voire d’en améliorer légèrement la définition.
Il existe diverses méthodes pour bloquer le téléchargement depuis votre serveur. Je ne les aborderai pas ici, vu que la plupart d’entre vous utilise un CDN pour accélérer l’affichage de son site.
Nous allons utiliser pour décourager les plus aguerris des pilleurs une dernière technologie, plus radicale…
Le marquage des images
Les termes de digital watermark ou tatouage numérique pour parler français ne vous sont certainement pas inconnus. Il existe des méthodes très fines de marquage, mais elles sont onéreuses et ne peuvent être mises en place sur un site web. Il s’agit d’un traitement séparé, dont vous n’avez probablement pas besoin.
Mais il existe des solutions de marquage, que ce soit en CSS ou directement sur l’image. La méthode utilisant les CSS peut être facilement contournée, nous ne l’aborderons donc pas.
Le marquage de l’image elle-même est la solution la plus radicale, et la plus difficile à contourner : retrouver une image non marquée, d’une qualité qui la rend utilisable par celui qui vous l’a indûment prise, est plus compliqué, même si certains logiciels permettent d’obtenir de bons résultats.
Certains photographes répugnent à l’utiliser, parce qu’elle dénature forcément l’image. Mais voilà, il n’y a pas de solution parfaite.
Nous allons donc voir comment marquer vos images elles-mêmes, en utilisant une deuxième extension de dfactory : Image Watermark. Ce n’est pas la seule disponible, mais c’est la seule qui permette gratuitement de marquer les images avec un logo, et son utilité va bien au-delà, puisqu’elle permet justement de désactiver le clic droit de la souris sur les images, et de prévenir le « drag and drop » de Firefox dont nous avons parlé plus haut dans l’article.
Installer et activer Image Watermark
Installation classique, comme pour toute extension WordPress : depuis le tableau de bord de bord de votre blog, cliquez sur Extensions > Ajouter, saisissez « image watermark », validez. L’extension et son magnifique paysage automnal s’affichent en premier résultat. Un clic sur Installer maintenant, un clic sur Activer l’extension, et c’est terminé. Pas d’activation en ligne, tout se passe sur votre site. Mais il faut quand même s’occuper des réglages…
Réglages de l’extension
Dans le menu Réglages justement, il y a une nouvelle entrée : Watermark. C’est ici que tout se passe, dans une page d’options longue comme un jour sans pain, mais bien conçue.
Vous noterez immédiatement que le marquage doit être activé, il ne l’est pas par défaut – et qu’il peut donc être désactivé. Un bon point, vous ne voulez peut-être pas l’utiliser en permanence, sur toutes vos images. La deuxième option vous permet d’ailleurs d’activer un marquage manuel dans la bibliothèque des médias.
De même vous avez une option, un peu plus bas, pour supprimer toutes les informations concernant l’extension quand vous la désactivez. Comme quoi, on peut proposer une extension gratuite et propre. Question de volonté.
Puis vous choisissez les tailles d’images à marquer : il n’est pas vraiment utile de marquer les miniatures, elle n’auront aucun intérêt pour nos pilleurs. Mais vous en avez la possibilité.
En suivant, vous avez le choix entre neuf emplacements pour marquer votre image. Pour un marquage efficace, je vous conseille le centre. L’image ne pourra pas être utilisée après recadrage, si quelqu’un vous la prend quand même.
Il faut, pour appliquer un marquage, sélectionner l’image qui va servir à ce marquage. Votre logo, le nom de votre site, votre propre nom, à vous de choisir. Le meilleur tatouage sera effectué avec une image au format PNG avec des zones de transparence, l’image sera entièrement visible, mais ne pourra pas être utilisée telle quelle. Le but étant de protéger, pas de dénaturer.
Une fois ces réglages effectués, vous pouvez descendre en bas de votre page d’options, activer la protection contre le clic droit sur les images et contre le « drag and drop » sous Firefox, et valider. Votre site est protégé.
Mais vous pouvez également affiner votre solution de tatouage en utilisant les autres options disponibles sur la page des options de l’extension, dont la transparence de l’image utilisée pour marquer, ou la qualité de l’image. À vous de tester les différents réglages, si celui proposé par défaut ne vous convient pas.
Au niveau de la protection, vous avez à ce stade mis en place une solution efficace, mais vous pouvez enfin…
Chercher qui utilise vos images et sanctionner
Un site permet de le faire très facilement, et des milliards d’images sont déjà répertoriées ; il s’agit de TinEye, où vous cherchez en téléchargeant directement votre image.
Et si vous trouvez, vous sanctionnez. Si vous adhérez à une société de droits d’auteurs, ils vous expliqueront comment faire, ou se battront pour vous obtenir un dédommagement.
Bien sûr, vous n’aurez pas la même réponse face à un site perso ou à un site associatif que face à une entreprise. Vous ne sanctionnerez pas non plus de la même manière si la personne a laissé votre signature, fait état de l’auteur, et celui qui a recadré ou s’est attribué nominativement l’œuvre – voire les deux.
Pour conclure
Il n’y a pas de solution miracle. Votre création n’est à l’abri nulle part – pas même sur votre disque dur. Mais en activant ces quelques solutions simples à mettre en œuvre, vous allez décourager la majorité des pilleurs qui sinon utiliseront vos images sans même en avoir sollicité l’autorisation.
Une dernière idée plus qu’une solution, pourquoi ne pas proposer quelques photographies sous licence CC0 ? Cette approche en dissuadera certains, respectueux de votre droit, d’autant que vous leur en « offrez » ne serait-ce qu’une infime partie.
Et vous, avez-vous mis en place une protection pour vos images ? Et que pensez vous de ceux qui viennent piller votre site pour en réutiliser publiquement le contenu ?